Projet
En juin 2019, le gouvernement fédéral a adopté la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis (ci-après Loi C-92), qui est entrée en vigueur en janvier 2020. Cette loi reconnaît le « droit inhérent à l’autonomie gouvernementale reconnu et confirmé par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982laquelle comprend la compétence en matière de services à l’enfance et à la famille, notamment la compétence législative en matière de tels services et l’exécution et le contrôle d’application des textes législatifs pris en vertu de cette compétence législative ». Depuis, les organisations autochtones qui le souhaitent peuvent se prévaloir de la possibilité d’exercer leur propre compétence législative en matière de services à l’enfance et à la famille.C’est dans ce contexte que la communauté innue de Pessamit souhaite développer et adopter sa propre Loi innue des services d’aide à l’enfance et à la famille. Dans le cadre de ce processus, le Conseil des innus de Pessamit (instance politique) et l’Équipe des services à l’enfance trouvent essentiel de faire participer les jeunes innus aux réflexions entourant le développement et la mise en œuvre de cette future loi.
L’importance pour les enfants d’être entendus, informés et impliqués dans les réflexions entourant une loi qui les concernent apparait évidente. D’ailleurs, il est reconnu que lorsque les enfants ont l’opportunité de participer aux questions concernant leur bien-être, on assiste à une augmentation de leur estime de soi, de leur sentiment d’autonomisation et de leurs compétences adaptatives (Cossar et al., 2016; McTavish et al., 2022; Saracostti et al., 2015). En ce sens, certaines recherches ont souligné la relation entre la participation des enfants, le respect de leurs droits et l’amélioration de leur santé (Bouma et al., 2018 ; Kriz et Roundetree-Swain, 2017). La Convention relative aux droits des enfants (CDE) reconnaît également que ces derniers ont des droits civils, politiques, économiques, sociaux, sanitaires et culturels. L’un des droits les plus importants dans la CDE est le « droit de participation » prévu à l’article 12. Il reconnaît que les enfants sont capables de discernement, qu’ils ont le droit d’exprimer librement leur opinion sur toute question les intéressant, et, que les opinions des enfants doivent être dûment prises en compte
Le projet de recherche proposé vise à soutenir la phase de consultation, de validation, d’adoption et de mise en œuvre de la Loi en matière de services d’aide à l’enfance et à la famille de Pessamit, en particulier auprès des jeunes de la communauté afin de mieux comprendre en quoi leur participation permet une réelle prise en compte de leur point de vue sur la manière de prendre soin d’eux, de tenir compte de leur intérêt et d’assurer leur sécurité.
Sur le plan des connaissances, le projet vise à 1) explorer les modalités de mobilisation et les formes de participation des jeunes innus à chacune de ces phases et 2) explorer avec les jeunes comment prendre en compte leur point de vue sur la manière de prendre soin d’eux, de tenir compte de leur intérêt et d’assurer leur sécurité.
Ce contenu a été mis à jour le 18 décembre 2024 à 5h04.
